Introduction
La santé mentale au travail est longtemps restée centrée sur l’individu : ses émotions, sa capacité à gérer le stress, sa “résilience personnelle”.
Pourtant, les recherches récentes montrent que cette vision est trop limitée.
La santé mentale au travail n’est pas seulement une expérience individuelle : elle est profondément collective.
Les émotions, le stress, la charge cognitive et les comportements se diffusent et se transforment dans les équipes.
Les environnements de travail eux-mêmes — organisation, culture, relations — jouent un rôle décisif.
Cette approche, aujourd’hui soutenue par des données issues des neurosciences, de la psychologie sociale et des enquêtes nationales (Moka.care–Ifop 2025, Qualisocial 2025, FIRPS-Preventica 2025), ouvre un nouveau champ : la Santé Mentale Collective.
C’est dans cette perspective que C2D Prévention a structuré une spécialisation interne dédiée à ce domaine émergent.
Pourquoi la santé mentale au travail est-elle un phénomène collectif ?
Les facteurs organisationnels qui influencent la santé mentale collective
Les travaux de la Grande Cause Nationale 2025 rappellent que la majorité des difficultés psychiques liées au travail trouvent leur origine dans l’organisation, et non dans la fragilité individuelle : surcharge durable, conflits de valeurs, manque de reconnaissance, imprévus constants, ambiguïtés de rôle, etc.
Ces facteurs créent des environnements où le stress et l’épuisement circulent entre les personnes.
On ne peut donc pas comprendre l’état psychologique d’un salarié sans regarder le fonctionnement du collectif dans lequel il évolue.
Contagion émotionnelle : comment le stress circule dans les équipes ?
Les émotions ne sont pas confinées à un individu : elles se propagent.
La psychologie sociale montre depuis longtemps que les équipes réagissent comme des “systèmes émotionnels”, où le ton relationnel, la fatigue, ou les tensions se diffusent rapidement.
Les neurosciences récentes présentées à Preventica 2025 (FIRPS) renforcent cette idée :
dans certaines situations, les circuits cérébraux impliqués dans le stress — notamment l’amygdale — s’activent de manière synchronisée dans un même groupe.
Ce phénomène explique pourquoi certaines équipes “tomblent toutes ensemble” ou, à l’inverse, montrent une remarquable stabilité collective.
Pourquoi les symptômes individuels révèlent souvent un problème collectif ?
Des études sur la dépression et les facteurs environnementaux (2025) montrent que les troubles s’améliorent significativement lorsque l’on modifie les conditions de travail qui affectent l’ensemble du collectif — charge cognitive, prévisibilité, soutien entre pairs — et non seulement lorsque l’on agit sur l’individu.
L’individu n’est pas isolé : il est pris dans un système.
Ce que disent les études récentes sur la santé mentale collective (2020–2025)
Neurosciences et santé mentale collective : comprendre les dynamiques de groupe
Les recherches présentées par le FIRPS en 2025 montrent que les réactions de stress ne sont pas uniquement individuelles.
Elles sont influencées par des signaux sociaux : comportements du manager, climat émotionnel, régularité des échanges, sentiment de sécurité psychologique.
Les interventions qui ciblent l’organisation (clarification, rythmes de travail, coopération) augmentent la capacité collective à absorber les difficultés.
Enquêtes en entreprise : des indicateurs collectifs plus fiables
Les enquêtes Moka.care, GHU Paris et Ifop (2025) mettent en évidence que les outils d’analyse collective — baromètres, signaux faibles, mesures de climat — détectent mieux les risques émergents que les approches centrées sur l’individu.
Elles rendent visibles les dynamiques d’équipe qui annoncent tensions, ruptures ou fatigue généralisée.
Sécurité psychologique : un déterminant majeur
Le baromètre Qualisocial–Ipsos (2025) souligne l’importance de la sécurité psychologique, c’est-à-dire la possibilité, pour chacun, d’exprimer un doute, un problème ou une erreur sans crainte de sanctions sociales.
Les collectifs où elle est présente ont des niveaux de bien-être plus élevés, une meilleure coopération et une plus grande qualité décisionnelle.
Pourquoi les approches individuelles ne suffisent plus pour prévenir les RPS ?
Les dispositifs individuels (coaching, formations bien-être, soutien ponctuel) sont utiles, mais ils ne traitent qu’une partie du problème.
Trois limites apparaissent :
- Ils agissent en aval
Ils interviennent lorsque la difficulté s’est déjà installée.
- Ils ne modifient pas l’environnement
Un salarié peut apprendre à gérer son stress, mais si l’équipe vit dans un climat de surcharge ou de tensions, l’effet restera temporaire.
- Ils peuvent involontairement isoler
En centrant la responsabilité sur l’individu, on peut laisser entendre que “c’est à lui” de changer — alors que les sources sont structurelles.
L’approche SMC de C2D Prévention : une méthodologie intégrée
C2D Prévention a développé une spécialisation interne dédiée à la Santé Mentale Collective (SMC) pour répondre à ces enjeux.
Elle repose sur une vision simple :
la prévention est efficace lorsque l’on agit sur les personnes, les relations, l’organisation et la culture — simultanément.
Cette approche s’articule autour de trois dimensions.
Dimension humaine : dynamiques psychologiques partagées
Cette dimension vise à comprendre ce qui circule dans les équipes : émotions, interprétations, besoins, habitudes relationnelles.
C2D s’appuie sur les connaissances récentes en neurosciences sociales et en psychologie des groupes pour :
- identifier les mécanismes de contagion émotionnelle,
- repérer les dynamiques qui amplifient le stress,
- éviter la stigmatisation individuelle des symptômes.
L’objectif est de redonner aux équipes une lecture claire de leur propre fonctionnement.
Dimension organisationnelle : agir sur les facteurs structurels
La SMC analyse les éléments qui influencent directement la santé mentale collective :
- charge cognitive et simultanéité des tâches,
- coordination et répartition des rôles,
- flux d’informations,
- soutiens disponibles et arbitrages,
- contraintes du terrain.
C’est la dimension où la prévention devient concrète :
observer, dialoguer, ajuster, co-construire avec managers et équipes.
Dimension culturelle : installer la sécurité psychologique et la vigilance collective
C’est ici qu’intervient l’expertise historique de C2D en infusion continue :
une manière d’ancrer durablement les comportements de prévention et de soutien mutuel.
Cette dimension vise à :
- renforcer la parole sûre,
- instaurer des modes de coopération stables,
- créer des réflexes collectifs de soutien,
- installer une vigilance partagée dans les équipes.
La culture devient alors un facteur protecteur.
Santé mentale collective : exemples d’actions concrètes en entreprise
L’approche SMC se traduit par des actions variées, toujours adaptées aux réalités de l’entreprise :
- ateliers d’équipe centrés sur les dynamiques relationnelles,
- diagnostics collectifs co-construits,
- accompagnement des managers,
- conférences pédagogiques,
- outils digitaux de suivi du climat,
- analyses terrain RH/HSE,
- programmes d’infusion continue.
Le but est simple : rendre les collectifs capables de se réguler eux-mêmes, de manière durable et non fragile.
En conclusion
La Santé Mentale Collective offre une lecture plus réaliste et plus efficace de ce que vivent les équipes aujourd’hui.
Elle montre que la prévention ne peut plus se limiter à l’individu, mais doit s’intéresser au fonctionnement du groupe, aux conditions de travail et à la culture qui structure les relations.
En développant une spécialisation dédiée à la SMC, C2D Prévention propose une approche à la fois humaine, organisationnelle et culturelle, profondément ancrée dans les connaissances scientifiques récentes.
Cette perspective ouvre la voie à des collectifs plus cohérents, plus sûrs, et capables d’affronter ensemble les exigences du travail contemporain.
À retenir
- La santé mentale au travail est un phénomène collectif, influencé par l’organisation, les relations, la culture et les dynamiques émotionnelles, bien plus que par la “résilience individuelle”.
- La plupart des difficultés psychiques liées au travail ont une origine organisationnelle : surcharge, ambiguïtés de rôle, manque de reconnaissance, coordination insuffisante, imprévus constants.
- Le stress circule dans les équipes : les neurosciences et la psychologie sociale démontrent l’existence d’une contagion émotionnelle et d’une synchronisation des réponses au stress.
- Les approches individuelles ne suffisent plus pour prévenir les RPS : elles n’agissent pas sur les causes structurelles et peuvent isoler les salariés.
- La Santé Mentale Collective repose sur trois leviers majeurs : dynamique humaine, organisation du travail et culture (sécurité psychologique, coopération, vigilance partagée).
- C2D Prévention propose une approche intégrée (SMC) permettant d’agir simultanément sur les personnes, les relations, l’organisation et la culture — avec des actions concrètes : diagnostics collectifs, ateliers, accompagnement managérial, outils de climat, infusion continue.
- Les collectifs bien accompagnés deviennent plus cohérents, plus stables et plus résilients, capables de prévenir les RPS durablement.
FAQ
Qu’est-ce que la Santé Mentale Collective au travail ?
La santé mentale collective désigne l’ensemble des mécanismes psychologiques, émotionnels et relationnels qui circulent au sein d’une équipe. Elle montre que la santé mentale d’un individu dépend fortement de l’organisation du travail, du climat émotionnel, de la sécurité psychologique et des relations professionnelles.
Pourquoi la santé mentale au travail est-elle un phénomène collectif et non individuel ?
Parce que les facteurs de stress sont majoritairement organisationnels (surcharge, manque de clarté, tensions, imprévus) et que les émotions circulent dans les équipes. Les recherches en psychologie sociale et en neurosciences démontrent que les équipes fonctionnent comme des systèmes émotionnels interconnectés.
Comment la contagion émotionnelle influence-t-elle les risques psychosociaux (RPS) ?
La contagion émotionnelle fait que le stress, la fatigue ou la tension d’un salarié se diffusent rapidement au reste de l’équipe. Des études montrent même une synchronisation de l’activité cérébrale liée au stress dans certains groupes. C’est un moteur majeur des RPS.
Pourquoi les approches individuelles (coaching, gestion du stress) ne suffisent plus ?
Parce qu’elles ne traitent pas les causes structurelles : organisation du travail, charge cognitive, coordination, culture d’équipe. Elles interviennent en aval et peuvent involontairement faire porter la responsabilité au salarié alors que le problème est collectif.
Quels sont les facteurs organisationnels qui impactent la santé mentale collective ?
Les principaux sont :
- surcharge durable,
- ambiguïtés de rôle,
- simultanéité des tâches,
- manque de reconnaissance,
- coordination insuffisante,
- défaut de sécurité psychologique,
- imprévus constants.
Ces facteurs créent un terrain propice au stress collectif.
Quel est le rôle de la sécurité psychologique ?
La sécurité psychologique est un déterminant majeur : elle permet d’exprimer un doute, un problème ou une erreur sans crainte. Elle améliore la coopération, la qualité décisionnelle et protège la santé mentale collective.
Comment prévenir les risques psychosociaux avec une approche collective ?
En agissant simultanément sur :
- la dynamique humaine (émotions, besoins, interactions),
- l’organisation du travail (clarification, charge, rôles, coordination),
- la culture d’équipe (sécurité psychologique, pratiques de coopération, vigilance collective).
C’est précisément ce que propose l’approche SMC de C2D Prévention.
Quels types d’actions concrètes peuvent améliorer la santé mentale collective en entreprise ?
Parmi les interventions efficaces :
- ateliers d’équipe,
- diagnostics collectifs,
- accompagnement des managers,
- analyses terrain RH/HSE,
- outils de mesure du climat,
- programmes d’infusion continue.
Ces actions permettent aux équipes de devenir actrices de leur propre régulation.
En quoi l’approche SMC de C2D Prévention est-elle unique ?
Elle repose sur une méthodologie intégrée, fondée sur les connaissances récentes en neurosciences sociales, psychologie des groupes et sécurité psychologique. Elle agit sur les personnes, les relations, l’organisation et la culture, garantissant une prévention des RPS durable.
Deredjian, C. (2025). La santé mentale au travail n’est PAS un sujet individuel… C’est un problème de Santé Mentale Collective (SMC) [Post]. LinkedIn. https://fr.linkedin.com/posts/c%C3%A9line-deredjian_sant%C3%A9mentalecollective-smc-rps-activity-7399714932268748800-aKb9
FIRPS, & Préventica. (2025). Quels enjeux de santé mentale au travail pour 2025 ? https://firps.org/wp-content/uploads/2025/06/FIRPS_Preventica-_conference-sante-mentale-2025_100625-7.pdf
Institut Quatredix. (2025, 22 août). Santé mentale et travail : où en sommes-nous en 2025 ?https://institutquatredix.fr/sante-mentale-et-travail-ou-en-sommes-nous-en-2025/
Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités. (2025, 24 mars). La santé mentale : grande cause nationale 2025. https://travail-emploi.gouv.fr/la-sante-mentale-grande-cause-nationale-2025
Moka.care, GHU Paris, & Ifop. (2025). Grande enquête sur la santé mentale au travail – Rapport d’analyse.
https://www.ghu-paris.fr/sites/default/files/media/downloads/rapport_danalyse_-_grande_enquete_sante_mentale_au_travail_-_moka.care_x_ghu_paris_x_ifop.pdf
Mon-Psychotherapeute.Com. (2025, 8 mai). Les facteurs environnementaux et sociaux dans la dépression. https://www.mon-psychotherapeute.com/les-facteurs-environnementaux-et-sociaux-dans-la-depression/
Qualisocial, & Ipsos. (2025). Le baromètre santé mentale & QVCT 2025. https://www.qualisocial.com/barometre-sante-mentale-qvct-qualisocial-ipsos
