Une situation dangereuse repérée sur le terrain ne protège personne tant qu’elle n’a pas été signalée, analysée puis traitée.
Selon la branche Risques professionnels de l’Assurance Maladie, 764 décès par accident du travail ont été reconnus en France en 2024, dont 185 d’origine professionnelle identifiée.
C2D Prévention accompagne les entreprises dans la construction d’une culture sécurité durable et propose l’application Watson, qui permet de signaler un risque terrain en quelques clics. Cet article présente les étapes d’un circuit de remontée des situations dangereuses, du premier signalement à la clôture de l’action.
Pourquoi une situation dangereuse peut-elle rester sans suite ?
Une situation dangereuse reste sans suite lorsque le chemin entre le terrain et la décision est absent, trop lourd ou sans retour visible. Dans une présentation donnée lors d’une journée technique de l’INRS consacrée à la prévention des accidents du travail, un préventeur de l’entreprise Socafl recense des freins à la remontée et des pièges à éviter : démarche perçue comme punitive, recherche de fautes plutôt que de causes, outil trop complexe, absence de retour, pilotage par le chiffre, peur d’être réprimandé, sentiment d’inutilité et surcharge de travail.
Le rapport annuel 2024 de la branche Risques professionnels de l’Assurance Maladie, publié le 18 novembre 2025, recense 549 614 accidents du travail avec arrêt en 2024, soit 1,1 % de moins qu’en 2023. Il dénombre aussi 764 décès par accident du travail, soit 5 de plus qu’en 2023. Plus de la moitié de ces décès sont liés à des malaises, et 24 % ont une origine professionnelle identifiée, comme une chute ou de la manutention. Ces données décrivent des accidents déjà survenus. Les situations dangereuses signalées avant l’accident constituent une source d’information complémentaire.
Que disent les définitions de l'INRS ?
L’INRS, dans sa brochure Analyser les accidents du travail et agir pour leur prévention (ED 6481, juillet 2024), définit le presqu’accident comme un événement indésirable ne produisant aucun dommage. Il précise qu’une procédure peut être formalisée pour la remontée et l’enregistrement des presqu’accidents et des incidents, car leur connaissance contribue à améliorer la prévention.
Le préventeur de Socafl cite parmi les finalités de la remontée : donner une vision réelle du terrain, anticiper les accidents futurs, détecter les événements à haut potentiel de gravité, favoriser l’implication des salariés et enrichir le retour d’expérience. Il rappelle que tous les presqu’accidents n’ont pas le même potentiel de gravité : l’enjeu est de traiter ceux dont le potentiel est élevé.
Lors d’un état des lieux sécurité, un expert de C2D Prévention observe notamment les arbitrages entre sécurité et production et les signaux faibles souvent invisibles dans les reportings. La méthode CAP s’appuie de son côté sur une phase Comprendre, qui combine entretiens ciblés, observations de terrain et sondage en ligne pour établir le diagnostic de départ.
Quelles étapes composent un circuit de remontée des situations dangereuses ?
Un circuit de remontée repose sur cinq étapes : cadrer la démarche, l’expliquer, mettre en place un outil simple, créer un circuit d’analyse et assurer le retour d’expérience. Ce sont les étapes présentées par le préventeur de Socafl lors de la journée technique de l’INRS.
- Cadrer la démarche. Désigner un pilote et prévoir un suivi. Chez Socafl, ce rôle revient au préventeur.
- Expliquer la démarche. La présenter aux opérateurs et à l’encadrement avant son lancement.
- Mettre en place un outil simple. L’outil doit être compris par les opérateurs. Pour la déclaration d’un accident, l’INRS recommande un formalisme le plus léger possible, afin qu’il ne freine pas son usage.
- Créer un circuit d’analyse. Définir qui analyse, quand et comment.
- Assurer le retour d’expérience. Informer l’encadrement et les opérateurs de ce qui a été décidé.
Comment suivre le plan d'actions ?
Une fois les causes comprises, l’INRS propose de formaliser un plan d’actions sous forme de tableau, qui précise le responsable de chaque action, sa date de fin prévue et l’investissement prévisionnel, afin d’en assurer la traçabilité et le suivi. La brochure indique que sa démarche d’analyse peut aussi s’appliquer aux presqu’accidents et aux incidents, notamment lorsqu’ils sont récurrents.
Le suivi s’organise selon une périodicité définie à l’avance, par exemple trimestrielle ou semestrielle, avec des indicateurs simples : nombre d’actions correctives mises en œuvre par rapport au nombre attendu, nombre d’échéances tenues. L’INRS ajoute que les remontées du terrain après la mise en œuvre d’une action permettent d’en évaluer la stabilité et l’intégration par les salariés.
Vous souhaitez savoir où en est votre circuit de remontée ? C2D Prévention peut réaliser un état des lieux sécurité pour observer comment la prévention est vécue et mise en œuvre sur le terrain.
Comment Watson soutient-il ce circuit au quotidien ?
Watson regroupe dans une même application le signalement, l’alerte, le suivi des actions et le pilotage des indicateurs. C2D Prévention présente l’application Watson comme utilisable sans formation préalable, avec un signalement des risques terrain en trois clics.
Quelles fonctions pour le signalement, l'alerte et le suivi ?
Côté signalement, la fonction Signalement Express permet de déclarer en quelques secondes une situation dangereuse ou une bonne pratique, avec un formulaire conçu pour capturer et qualifier le risque observé. Côté alerte, les managers et le service HSE concernés sont notifiés automatiquement, et une consigne d’arrêt peut être déclenchée en cas de danger grave.
Côté suivi, Watson permet de piloter la résolution des problèmes et la clôture des signalements, ce qui correspond au plan d’actions et au retour d’expérience décrits plus haut. Le module Briefing Manager propose une revue quotidienne des postes, et le module Pilotage HSE donne accès aux indicateurs et aux tendances. Les données sont hébergées en France.
Watson s’inscrit dans l’accompagnement de C2D Prévention. La méthode CAP le cite parmi les solutions adaptées à la gestion des situations réelles, et sa dernière phase s’appuie sur des indicateurs qui mesurent notamment la capacité à parler du travail réel, des écarts et des dilemmes. Un outil de signalement s’ajoute à ce dialogue sans le remplacer.
Une remontée de situations dangereuses produit des effets lorsque le signalement est simple, que l’alerte atteint la bonne personne, que chaque action a un responsable et une échéance, et que le terrain constate ce qui a été décidé. Ces conditions relèvent à la fois de l’organisation et de la confiance entre les équipes et l’encadrement. C2D Prévention les travaille dans la méthode CAP et les outille avec l’application Watson.
À retenir
- Selon l’INRS, un presqu’accident est un événement indésirable ne produisant aucun dommage, et sa remontée contribue à améliorer la prévention.
- Un circuit de remontée repose sur cinq étapes : cadrer la démarche, l’expliquer, choisir un outil simple, créer un circuit d’analyse et assurer le retour d’expérience.
- Parmi les freins relevés lors d’une journée technique de l’INRS figurent un outil trop complexe, l’absence de retour et une démarche perçue comme punitive.
- Chaque action corrective s’appuie sur un responsable, une échéance et un indicateur de suivi.
- Watson, l’application de C2D Prévention, rassemble signalement, alerte, suivi des actions et indicateurs HSE.
FAQ
Qu'est-ce qu'un presqu'accident ?
L’INRS définit le presqu’accident comme un événement indésirable ne produisant aucun dommage. La présentation de Socafl donne comme exemples la détection de pièces abîmées lors du montage d’un échafaudage et une glissade avec récupération de l’équilibre sur un sol mouillé.
Quelle différence entre un presqu'accident, un incident et un accident ?
Selon l’INRS (ED 6481), le presqu’accident ne produit aucun dommage. L’incident entraîne des dommages pour les installations, les matériels, les process industriels ou l’environnement, circonscrits au périmètre de l’entreprise. L’accident entraîne des dommages pour les personnes.
Comment encourager les salariés à signaler une situation dangereuse ?
Les étapes présentées lors de la journée technique de l’INRS consistent à expliquer la démarche aux opérateurs et à l’encadrement, à proposer un outil simple et à assurer un retour sur les signalements. Elles visent les freins relevés : démarche perçue comme punitive, outil trop complexe, absence de retour.
Quels indicateurs suivre pour piloter la remontée des situations dangereuses ?
Chez Socafl, trois indicateurs sont suivis : le nombre de presqu’accidents remontés, le ratio entre presqu’accidents à haut potentiel de gravité et presqu’accidents remontés, et le nombre d’actions mises en place. L’INRS propose aussi le nombre d’actions correctives mises en œuvre par rapport au nombre attendu et le nombre d’échéances tenues. Le pilotage par le chiffre figure toutefois parmi les pièges listés lors de cette journée technique.
Faut-il une formation préalable pour utiliser Watson ?
Le site de C2D Prévention présente l’application Watson comme utilisable sans formation préalable et simple à déployer, avec une prise en main rapide pour les équipes. Une démonstration peut être demandée auprès de C2D Prévention depuis la page de l’application.
Pour aller plus loin
- Écart entre le prescrit et le réel : pourquoi la remontée de signaux terrain est essentielle à la sécurité au travail ?Cet article présente l’écart entre travail prescrit et travail réel et le rôle d’un canal de remontée continu.
- Remontée terrain en sécurité : ce que la transparence rend possible Cet article explique le rôle de la transparence et de la culture juste pour que les informations circulent.
- Qu’est ce qu’une visite comportementale de sécurité (VCS) ? Cet article décrit un temps d’observation du travail réel, suivi d’un échange sur le terrain.
Voir aussi
- La méthode CAP de C2D Prévention : une démarche en quatre phases, de la phase Comprendre à l’infusion continue.
- L’état des lieux sécurité : une immersion terrain, des entretiens et une enquête anonyme pour observer les pratiques réelles.
- Safety Day : ateliers et conférences : des ateliers et conférences adaptables à vos journées sécurité.
Pour voir comment Watson peut s’intégrer à votre organisation, découvrez l’application Watson et demandez une démonstration à C2D Prévention.
Sources
Assurance Maladie, Risques professionnels. (18 novembre 2025). Rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels. https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/2024-rapport-annuel-assurance-maladie-risques-professionnels
(juillet 2024). Analyser les accidents du travail et agir pour leur prévention (ED 6481, 4e édition). https://ressources.inrs.fr/visionneuse/ED%206481/publication/analyser-les-accidents-du-travail-et-agir-pour-leur-prevention-%28inrs-ed-6481%29.pdf
Agaud, T. (Socafl). (s. d.). Remontée des presqu’accidents : pour quelle finalité ? Comment ? Journée technique INRS Prévention des accidents du travail. https://www.inrs.fr/dam/jcr:75c2e396-f5ab-44a6-8ebe-e5ef4f0f54bb/11_AGAUD.pdf
C2D Prévention. Application Watson : Logiciel HSE de signalement des risques. https://www.c2dprevention.com/accompagnement-securite-et-coaching/application-watson/
C2D Prévention. La méthode CAP©. https://www.c2dprevention.com/methode-cap/
C2D Prévention. État des lieux sécurité pour la prévention des risques et la sécurité. https://www.c2dprevention.com/accompagnement-securite-et-coaching/etat-des-lieux/
C2D Prévention. Safety Day : Ateliers sécurité et Conférences sur mesure. https://www.c2dprevention.com/ateliers/

